Au XIVᵉ siècle, dans les vallées verdoyantes de la Franche-Comté, la jeune Rose de Faucogney grandissait au sein du château familial, entourée de forêts profondes et de terres fertiles que sa famille administrait depuis des générations. Issue d’une noblesse ancienne mais sans faste excessif, Rose se distinguait moins par la richesse que par sa sagesse, sa piété sincère et la douceur de ses manières. Chaque matin, elle assistait à la messe dite dans la chapelle du château, où sa voix pure s’élevait parmi les prières des siens.
C’est lors d’une foire organisée à Vesoul, en l’honneur de la Saint-Jean, que son destin prit un tournant. Parmi les hérauts, chevaliers et marchands venus des contrées voisines, se trouvait sir Jean de Florimont, seigneur d’une terre limitrophe et chevalier reconnu pour sa bravoure et sa droiture. Il accompagnait alors une compagnie de chevaliers itinérants, l’Ost du Hibou, réputée pour défendre les routes des pèlerins et protéger les abbayes des pillards.
Leur première rencontre eut lieu sous le grand auvent de la foire, au moment où les chevaliers de l’Ost présentaient leurs bannières : un hibou d’argent sur fond d’azur, symbole de vigilance et de sagesse. Jean, conversant avec le père de Rose au sujet des terres menacées par les bandes errantes, remarqua la jeune fille attentive, s’enquérant des œuvres charitables entreprises pour les villages touchés par la disette. Cette compassion chrétienne et ce souci du prochain touchèrent profondément le chevalier.